Nos services

Lire et faire lire

Vous avez plus de 50 ans et vous souhaitez offrir de votre temps libre bénévolement pour lire des histoires aux enfants ?

Contactez-nous :
Union Départementale des Associations Familiales de Paris
28, place Saint Georges – 75009 Paris
Tél : 01 48 74 80 74
lireetfairelire@udaf75.fr

ZOOM SUR L’INTERVENTION DE LIRE ET FAIRE LIRE DANS LES CLASSES ULIS :


Gentiane Yulzari, coordinatrice Lire et Faire Lire

Les classes ULIS (Unités Localisées pour l’Inclusion Scolaire) existent dans les établissements scolaires publics comme privés. Ce sont des classes de coordination qui regroupent des élèves ayant des difficultés particulières de communication, de développement. Selon leurs aptitudes, ces élèves sont intégrés à d’autres classes régulières. Ainsi, au collège, ils peuvent suivre des cours d’histoire, de maths, d’EPS, etc.

A la différence de l’activité Lire et Faire Lire qui consiste pour un bénévole à lire un livre, l’activité des bénévoles en ULIS consiste à faire lire les élèves à haute voix.
Hugues Andrade a initié la lecture des élèves de classe ULIS en collège il y a 10 ans, à la demande d’une enseignante, Laetitia di Luca. Depuis, ces ateliers de lecture existent dans une vingtaine de classes ULIS à Paris. Ils se situent à côté de l’enseignement et ne s’y substituent en aucune façon. Ils durent maximum une heure.

Lire permet à ces élèves de se mettre en scène, de discuter entre eux : ils vivent avec plaisir ces moments de récréation éducative.

Nous avons besoin de nouveaux bénévoles, et aussi de rencontrer d’autres enseignants de classes ULIS.
Signalez nous si l’établissement où vous allez a une classe ULIS. Dites-nous aussi si vous aimeriez intervenir dans l’une de ces classes.
Dans les deux cas, nous prendrons contact avec vous.

Ci-dessous, quelques témoignages de bénévoles.

17/10/18 - Anne-Marie Leduc : bénévole au Collège Moulin des Prés - Paris 13è, et Eugène Delacroix, Paris 16è
C’est au cours d’une réunion LFL que Marc Bourguignat nous a parlé des classes Ulis.
C’était présomptueux de ma part, je n’y connaissais rien, mais j’étais très tentée.
J’en ai parlé à Marc qui m’a mis en relation avec Hugues Andrade.
Hugues Andrade est venu chez moi et nous avons discuté près d’une et demie, ensuite, sur sa proposition, j’ai assisté à son intervention et c’était passionnant !
Depuis j’interviens au collège du Moulin des Prés 75013 et depuis cette année à Eugène Delacroix 75016.
En fait, il faut être bienveillant et encourageant car ces ados ont beaucoup de problèmes, y aller sans à priori, être soi-même, avoir de l’humour et se laisser chahuter gentiment.
J’avais besoin de cette interaction, de ces échanges et pour moi les classes Ulis sont un vrai bonheur.
Ces ados nous attendent, étonnés de notre bénévolat. Ils m’apportent beaucoup.
Petit à petit, chacun à son rythme, ils progressent. Voilà pourquoi j’aime intervenir dans les classes Ulis.


15/11/2014 : Laetitia DI LUCA, enseignante en ULIS

C’est lorsque j’étais en poste au Lycée St Nicolas de 2008 à 2012, dans une unité localisée d’inclusion scolaire (ULIS) en lycée intégrant des adolescents de 16 à 20 ans souffrant de troubles cognitifs variés, que j‘ai fait appel à l’Association « Lire et faire lire » pour intervenir deux heures par semaine dans le cadre d’ateliers de lecture.
En effet, même si la loi de 2005 stipule que tout élève handicapé est en droit d’être scolarisé en milieu ordinaire, leurs problèmes cognitifs et leur niveau scolaire ne permettent pas à tous une intégration totale dans toutes les matières surtout après la troisième, ceci en dépit de toutes les bonnes volontés et de tous les aménagements possibles. J’ai donc dû mettre en place une pédagogie différenciée avec un effectif de 10 élèves, ainsi qu’un accompagnement individualisé indispensable tant du point de vue des pathologies que des disciplines et niveaux scolaires. Il s’agit pour l’enseignante, à ce niveau de scolarisation, de maintenir voire de renforcer, lorsque cela est possible, les acquis scolaires et d’envisager une orientation professionnelle.
Face aux problèmes amnésiques et à la grande fatigabilité de cette population d’élèves, les moments d’enseignements sont courts, fragmentés et intensifs. Ils ont donc besoin de faire des « pauses » dans les rythmes scolaires et c’est dans ce cadre que j’ai eu l’idée des ateliers de lecture et que l’intervention de Monsieur Hugues Andrade est venue prendre tout son sens.
Il s’agissait dans mon esprit de mettre en place des moments de « récréation éducative », ces élèves ne pouvant pas lire seul des œuvres complètes préconisées dans les programmes. Il était également important de faire intervenir une personne hors du cadre scolaire afin que les élèves ne se sentent ni contraints ni évalués. Je tiens à préciser que si les élèves sont scolarisés en milieu ordinaire, c’est qu’ils ne présentent pas de troubles qui demanderaient l’accompagnement d’un personnel médicalisé. Il existe pour ces cas particuliers des structures adaptées.
Ces ateliers, en tant que relais éducatifs, présentent un véritable intérêt pédagogique car ils permettent de développer leur vocabulaire et leur culture générale, la pratique de la lecture à voix haute les fait progresser et surtout les amène à reprendre confiance dans leurs capacités.
Il est évident que les excellents résultats de ces ateliers auprès des élèves et de l’engouement qu’ils ont suscité, durant ces quatre années, tiennent pour beaucoup à la personnalité et à l’investissement de Monsieur Andrade.

24/5/18 : Ameline Jean, enseignante, Coordinatrice ULIS Troubles Envahissants du Développement Collège Raymond Queneau - Paris 5
« Tout au long de cette année scolaire Mr Andrade est intervenu 1h/ semaine dans le dispositif ULIS dont je suis la coordinatrice.
Ses activités de lecture avec les élèves porteurs de troubles envahissants du développement ont été très bénéfiques pour tous. En effet, quel que soit le rapport à la lecture de l’élève, ils ont tous su profiter de Mr Andrade et ont développé leurs compétences dans ce champ-là.
Par ailleurs Mr Andrade a développé une relation de qualité avec chacun des élèves qui attendent avec impatience son arrivée tous les jeudis.
Enfin, il est très profitable aussi aux élèves d’avoir un autre adulte dans la classe, une autre "tête", pour travailler les rapports avec les adultes.
La présence de Mr Andrade est aussi bénéfique pour moi car elle me permet d’observer les compétences sociales des élèves avec une autre personne, mais aussi d’en tirer des enseignements pour ma manière d’aborder la lecture avec les élèves.
J’encourage vivement tous les coordonnateurs à faire appel au dispositif "Faire lire en ULIS" qui est une chance pour les élèves, mais aussi pour nous, enseignants ».

17/10/18 - Gentiane Weil Yulzari : bénévole au collège Gérard Philippe, Paris 18è. Elèves de 11 à 16 ans.
En venant à la réunion d’information 2017/18 de « Lire et Faire Lire », j’ai entendu Hugues Andrade parler des classes ULIS. Je l’ai suivi dans une des classes où il fait lire les élèves, pour voir si je serais capable de le remplacer, car il va dans de nombreuses autres classes ULIS de Paris, et souhaite moins consacrer de temps à cette activité qu’il a mise en place au sein de Lire et Faire Lire voilà dix ans…
J’ai d’abord été surprise : les 4 ou 5 élèves présents choisissent le livre et la page à lire. Il s’agit des « Petits secrets des grands monuments de Paris ». Ils lisent alors « au kilomètre », ne s’arrêtent jamais aux points ni où que ce soit, et ne comprennent certainement pas ce qu’ils lisent. Je m’en étonne, mais pas Hugues, qui les encourage et leur explique les mots difficiles.
Son credo : être bienveillant, ouvert, encourageant, si possible avoir un peu d’humour. Il m’explique que je ne suis pas là pour apprendre à ces adolescents à comprendre ce qu’ils lisent. Dans ma vie professionnelle, j’aime être performante. Pour le devenir avec la classe ULIS, je ressens l’envie d’explications, de comprendre, de parler avec l’enseignante, d’être un peu « formée ». Mais rien de tout cela n’est prévu.
Pourtant je me lance, une première fois en présence d’Hugues et de l’enseignante. J’imite Hugues et laisse mes questions pour une autre fois : je ne veux pas bousculer les élèves, qui aiment lire avec Hugues et sont attachés à sa méthode. Les semaines suivantes, j’interviens seule, et ajoute ma touche personnelle. J’apporte des plans de métro pour situer les monuments sur le plan, je propose à l’enseignante de faire acheter un livre qui me plait sur les animaux, etc.
A cette rentrée de septembre 2018/19, les élèves qui étaient en 3è sont partis, de nouveaux sont arrivés en 6ème. L’enseignante, Cécilia, une jeune femme remarquable, bienveillante, imaginative, patiente, diplomate (…), m’a proposé un horaire où je peux faire lire la totalité de la classe, soit 8 élèves. J’échange désormais plus souvent avec elle, elle me donne des conseils. J’essaie de m’adapter au niveau de chacun, en me concentrant sur celui qui lit. Ils dessinent un animal de la page en fin de lecture. J’essaie d’impliquer le groupe entier.
Tout bénévole, comme tout élève, a besoin d’être encouragé pour continuer. Mes motifs de satisfaction sont d’aider les élèves à s’ouvrir, à progresser, et de me savoir appréciée. Ainsi, un élève de 6è qui ne voulait pas lire à la première séance de septembre s’est mis à lire à côté de moi à la deuxième. Et quand j’arrive le lundi matin dans la cour de récréation, les élèves viennent me serrer la main avec un grand sourire. Je leur souris à mon tour avec bonheur.